Les enseignantes et enseignants en formation cinéma
Chaque trimestre de l'année scolaire, un film et une formation aux enseignants.
Pour démarrer l'année scolaire, les enseignants et formateurs inscrits au dispositif ont bénéficié d'une formation autour du film Lady Bird (2017) de Greta Gerwig et de la filmographie de la réalisatrice (Barbie, 2023), délivrée par Amélie Dubois, formatrice et rédactrice de documents pédagogiques pour les dispositifs Lycéens et apprentis au cinéma, et ancienne critique de cinéma aux Inrockuptibles et à Chronic’art.
Les enseignants, réunis au TAP cinéma de Poitiers (86) en octobre 2025, ont assisté à la projection du film et poursuivi par une conférence qui explorait la notion d'adolescence sous le point de vue de la réalisatrice. L'analyse proposait par Amélie Dubois portait notamment sur la question du temps, de l’urgence à vivre, à aimer, à quitter le foyer au risque de se brûler les ailes. Dans le film, cela passe par des effets de rupture produits par le montage et par les corps. Amélie Dubois a soulevé aussi que le film donnait à voir des représentations des filles et des garçons très vivantes, jamais figées dans des clichés.
La représentation du temps comme enjeu majeur du teen movie, le burlesque, les mélanges et ruptures de ton, la représentation des sexes, l’art du portrait (d’une adolescente, d’une famille) ont constitué les différents points d’analyse de cette formation pour apporter des clés aux enseignants.
En décembre dernier, c'est une formation autour du film de répertoire La Féline (1942) de Jacques Tourneur qui était proposée par Mathieu Macheret, critique de cinéma au Monde, qui a écrit pour Critikat, Trafic et aux Cahiers du cinéma. Chroniqueur de l'émission “Plan Large” sur France Culture, il est l'auteur de Joseph von Sternberg : les jungles hallucinées.
Accueillis au cinéma de St Jean d'Angely (17), les enseignants ont pu appréhender le film comme un nouvel âge de l'épouvante, modèle de suggestion cinématographique autour d'une supposée femme-fauve. Mathieu Macheret a soulevé que ce qui se jouait en sous-main dans ce film était d'un tout autre ordre : l'histoire d'un amour qui s'éteint, d'un mariage qui s'étiole, d'un divorce inévitable, de la dépression féminine. Dans un cinéma américain sous la férule du Code Hays, seul le fantastique recueillait encore la part d'ombre de l'expérience humaine. A partir d'extraits d'autres œuvres les enseignants ont pu nourrir leur réflexion sur ce film remarquable pour l'époque.
Pour poursuivre ces temps de formation à destination des enseignants dans l'Académie de Poitiers, une journée cinéma autour du film Mad Max de Georges Miller le jeudi 26 mars 2026 au Cinéma le Dietrich de Poitiers (86) en présence de Julien Dupuy, réalisateur et critique cinéma. Puis une dernière formation sur le film Josep d'Aurel le jeudi 2 avril 2026 au cinéma de la cité à Angoulême (17) en présence de l'équipe du film : Jean-Louis Milesi (scénariste), Catherine Esteves (productrice exécutive) et Frédérick Chaillou (réalisateur technique).